Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. (Frédéric Bastiat)
J’ai reçu hier un e-mail de l’association HECEO (Herbéviller et ses Environs Contre l’Enfouissement des Ordures) que vous pouvez lire en cliquant ici.
Le traitement des ordures est un problème de plus en plus sérieux et mérite une prise en compte de plus en plus importante de la part de la classe politique, à tous les niveaux (élus locaux et nationaux). La réponse à ce problème n’est pas vraiment pas facile et ma première réaction face à ce mail a été de contacter les responsables de cette association pour en savoir un peu plus sur le cas d’Herbéviller (canton de Blâmont). Lors de ma campagne, je suis passé aussi à Herbéviller et on ne peut pas ne pas voir la détresse de certains habitants au sujet du problème posé par le projet d’enfouissement des ordures grâce à leur panneau “Non aux ordures”.
Il faut être clair : le député n’a pas le pouvoir de traiter un problème local. En revanche, il est membre d’une assemblée gérant les affaires au niveau national. Pour ce qui est de l’échelon local, il y a des maires, des conseillers généraux et régionaux qui doivent gérer le problème. Néanmoins, il reste à faire au niveau national et je vais développer ce que moi, en tant que député me propose de faire.
Le problème des traitements des ordures est avant tout un problème technique : comment faire disparaître les ordures ? Mais vraiment disparaître, car les stocker dans des endroits où on ne les voit pas ne résout pas le problème. C’est le même problème que la dette de l’Etat : personne ne la voit, et pourtant elle existe, et nous léguons cela à nos enfants et futurs générations. Cacher les choses (dette ou ordure) pour ne pas les voir, c’est de l’irresponsabilité. Du point de vue du consommateur, c’est très facile : on jette à la poubelle ce qu’on ne veut plus, les éboueurs passent et le problème semble réglé puisqu’on ne le voit plus. Et surtout, nous ne payons pas le vrai prix du stockage ou de l’élimination. C’est une politique de l’autruche, parfaitement irresponsable. Or dans les idées libérales, il est clair que tout individu libre, n’en est pas moins responsable. Pour nous, les premiers responsables des ordures, c’est d’abord nous, les consommateurs. Oui, nous car c’est nous qui achetons nos produits emballés, et rejetons les emballages quotidiennement à la poubelle. Alors c’est vrai que les producteurs ne nous donnent pas vraiment le choix d’acheter des produits avec moins d’emballage, mais je suis persuadé que le jour où le consommateur paiera effectivement le prix de retraitement des déchets, les distributeurs nous proposerons des produits avec moins d’emballage. Le responsable des ordures, c’est d’abord celui qui les fournit, donc c’est le consommateur. Il y a donc deux approches pour être responsable : ne pas rejeter d’ordure, ou en tout cas en rejeter moins d’une part et d’autre part payer les actions nécessaires au retraitement complet des ordures. Nous libéraux sommes tout à fait d’accord avec le principe « pollueur payeur », y compris si le prix à payer est cher. La deuxième approche, celle du traitement des ordures pose et posera certainement toujours des problèmes techniques : on ne peut pas tout retraiter, ou pas encore. A commencer par les déchets nucléaires, mais aussi 20% des déchets ménagers.
Si les libéraux sont pour que l’Etat intervienne le moins possible dans les marchés, nous sommes aussi pour que les acteurs du marché prennent leur responsabilité : ainsi si un consommateur décide d’acheter un bien dont une partie finira à la poubelle, c’est au consommateur de payer ce qu’il mettra à la poubelle. Donc, dans l’intérêt du consommateur, il serait bien par exemple que ce dernier puisse s’informer rapidement sur chaque produit vendu le montant en Euro qu’il devrait payer pour recycler la quantité d’ordure induit du produit acheté. Car cela devient un élément de négociation sur le prix d’un article acheté. Je prends un exemple : j’achète un pot de yaourt au super marché à 0,25 Euros. Si le coût de retraitement du pot de yaourt est estimé à 0,05 Euros, il faut que le consommateur soit au courant afin qu’il se dise : mon pot de yaourt ne me reviendra pas à 0,25 Euros mais bien à 0,30 Euros. J’ai pris l’exemple du pot de yaourt, mais cela reste valable pour tout bien matériel acheté.
Nous sommes opposés à la taxe environnement telle qu’elle est mise en pratique actuellement, car ce n’est pas la bonne solution : cette taxe ne fait pas payer le prix du retraitement effectif mais un prix arbitraire et n’est donc pas juste.
Nous libéraux ne croyons pas aux solutions venant de tout en haut de l’Etat et nous sommes bien les seuls. C’est pour cette raison que nous n’avons pas signé le pacte de Nicolas Hulot qui voudrait régler le problème écologique principalement par des solutions « tout état » (taxe carbone, premier ministre de l’environnement, etc.). Si nous avons été d’accord avec quelques propositions de son pacte, d’autres nous ont conduit à ne pas le signer. Nous croyons que l’Etat ne peut pas tout résoudre. Nous pensons que ceux qui sont à même de résoudre les problèmes, ce sont les gens qui sont sur le terrain et non pas un président de la république aux manettes depuis Paris, ne voyant les problèmes que d’une façon très générale. Ce sont les gens sur le terrain qui sont au devant des problèmes et qui sont les plus motivés pour chercher des solutions, comme par exemple l’association HECEO ! Mais sans moyen et dans le contexte bien Français ou les élus sont en général difficilement accessibles et aussi pas complètement habilités à résoudre les problèmes, les choses n’avancent pas et restent bloquées. C’est exactement ce qui se passe pour Herbéviller et merci au fait que vous avez eu la liberté de vous constituer en association pour pouvoir pointer le problème.
Nous libéraux considérons aussi que les problèmes d’environnement doivent non pas être résolus en revenant à l’age de pierre (stopper l’électricité, interdire les véhicules, etc.) mais au contraire en innovant. Nous ne pouvons pas demander aux individus de restreindre leur niveau de vie, mais en revanche, nous pouvons leur demander d’être responsables de leur consommation et d’innover pour pouvoir en être responsable avec des solutions pratiques.
Ainsi, si je suis élu à l’assemblée nationale, je m’engage à promouvoir les idées suivantes :
- Inciter les producteurs de déchets à éviter au plus possible de produire des ordures, et surtout les ordures qui ne peuvent être actuellement retraitées, mais sans intervenir sur les règles du marché. Il suffit pour cela de faire payer le vrai prix de retraitement ou d’élimination à ceux qui rejettent des déchets. Nous pensons que cette méthode devrait conduire les producteurs de déchets à en produire moins et à faire attention.
- Négocier avec les communes qui retraitent ou stockent les déchets. Par exemple, si Herbéviller est effectivement choisi comme site de retraitement, une négociation doit être tenue avec la commune pour que celle-ci touche des indemnités de nuisance à hauteur de la nuisance provoquée.
- Favoriser l’innovation en matière de retraitement de déchet. Les entreprises seront prêtent à faire l’effort d’innover si le prix du retraitement de déchet est mis à sa correcte valeur car si une entreprise peut faire économiser au citoyen le véritable prix du retraitement des déchets, son business devrait être garanti et donc nombreux devraient être les acteurs qui s’y investiront.
- Et bien sûr, faire jouer de mon statut de député pour intervenir auprès des élus locaux à conduire une négociation juste avec les habitants et les communes qui auront à subir les nuisances et les risques de proximité du site d’enfouissement.
A titre d’information, vous pouvez voir le programme d’Alternative Libérale sur ce lien en matière d’environnement.
Croyant que les meilleurs solutions sont celles qui viennent d’en bas, je vous propose un espace de débat : n’hesitez donc pas à utiliser les commentaires pour proposer des idées.