Dans un article de l’Est républicain d’aujourd’hui, 16 février 2007, on apprend que le parlement Européen va s’équiper de salles fumeurs. Le bureau du parlement a voté : 11 pour, 1 contre… Interdire aux autres, c’est facile, mais interdire à soi-même, c’est plus difficile !
En fait, en y regardant de plus près, ce fait est un signe révélateur d’un malaise plus profond de notre démocratie et de nos libertés en France et en Europe.
Si vous fréquentez les grands partis politiques, vous verrez que votre opinion ne compte en fait que très peu, et même si vous êtes élu. Faites l’expérience et aller faire une réunion politique avec votre député UMP (ou PS au choix), vous verrez… Le débat viens des gens d’en haut, pas d’en bas. En fait, les bureaux de partis imposent à leurs membres, élus inclus leur vision, leur pensée unique. En fait, je suis persuadé qu’à droite comme à gauche, les députés n’ont pas eu forcément envie de voter la loi de Xavier Bertrand (UMP) concernant l’interdication du tabac. En fait, il y a plusieurs points:
Cette loi est la transposition d’une directive européenne. Les mécanismes de traité Européens ne laissent que peu de marge de manoeuvre aux assemblées: si celles-ci ne votent pas les transpositions de directives en loi, alors la France doit payer des amendes à l’Europe ! Donc, l’assemblée nationale vote en fait avec un couteau sous la gorge.
A l’UMP (ou au PS), quand un ministre fait une loi, gare à celui qui ne la vote pas ! Donc, ces députés ont intérêt de mettre leur cerveau au placard s’ils veulent un jour espérer un poste ministériel (eh oui, quand on est député d’un grand parti, on est juste une machine à voter et à assurer un certain électorat…). En fait, la vie est simple pour eux car leur bureau politique s’occupe de tout…
Mais parfois, il arrive certaines situations où les députés ont quand même le loisir de voter comme bon leur semble, sans pressions. Et là , oh surprise ! Les députés de la majorité ne votent pas comme l’auraient attendu les chefs de file des partis ! Cela s’est passé par exemple pour la loi DADVSI en Décembre 2005. Les députés avait voté le projet de loi du gouvernement, mais en l’ayant profondément amendé et vidé de ses points prohibitifs les plus importants. Le gouvernement avait du refaire un nouveau projet de loi. Cela vient de se passer aussi au parlement européen à Strasbourg pour les salles fumeurs…
De toute façon, en France on est équipé du 49-3, article qui permet (je fais un racourci) au gouvernement de faire passer une loi en disant, si vous votez pas, on vous vire tous de l’assemblée ! En effet, si la loi n’est pas votée par la majorité, alors le gouvernement devrait démissionner, provoquant un séïsme politique qui conduirait probablement à une dissolution de l’assemblée nationale par le président.
En fait, cette loi anti-tabac, c’est de la manipulation de masse. Pourquoi n’a t’on pas interdit dès maintenant le tabac dans les restaurants mais on l’a programmé seulement pour 2008 ? C’est une stratégie de manipulation des foules bien connue par les psychologues, appelée la stratégie du dégradé et du differé (voir le site web www.syti.net/Manipulations.html ). Petit morceau choisi de ce site:
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme “douloureuse mais nécessaire”, en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que “tout ira mieux demain” et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
Hier, j’ai vu un débat sur France 2 avec la question “faut il punir les clients des prostitués ?”. Encore une manipulation des foules. Pourtant 80% du public était contre cette nouvelle interdiction… Mais apparamment, nos chers conservateurs et moralisateurs ne sont pas sans reste. Affaire à suivre après les élections…