Interview de Sarkozy au Figaro
Je viens de lire une interview du président Nicolas Sarkozy donnée par le Figaro (accessible ici). Certains de ses propos m’interpellent.
Exemple :
En demandant une large majorité, ne donnez-vous pas des arguments à ceux qui vous reprochent de «vouloir tous les pouvoirs»?
Ceux qui disent cela sont ceux qui se sont battus au côté de François Mitterrand pour lui donner la majorité que l’on sait! «Tous les pouvoirs», cela ne les gênait pas quand c’était pour la gauche! Qu’est ce que cela veut dire quand vingt régions sur vingt-deux sont à gauche, quand plus de la moitié des départements sont à gauche, quand tant de communes sont à gauche? Je n’essaie pas de savoir si la majorité sera trop grande ou trop petite. Je me bats pour obtenir le soutien parlementaire qui me permettra de mettre en oeuvre le projet ratifié par les Français. Je me bats pour avoir une majorité qui m’aide à appliquer le mandat qui m’a été confié.
Faux : Ceux qui disent cela, c’est aussi Alternative Libérale. Pas que les socialistes. Oui, nous reprochons à Nicolas Sarkozy de vouloir tous les pouvoirs. Et si la gauche l’a fait dernièrement pour les régionales, ou à l’époque mittérandienne, nous le déplorons aussi de la même manière que nous le faisons à l’égard de Nicolas Sarkozy. Et pourant, si il y en a qui n’ont rien à voir avec Mittérand, c’est bien nous : la plupart de nos candidats était en culotte courte à l’époque de Mittérand !
Quand il prend l’exemple des régions, c’est du “foutage de gueule” et le journaliste n’a même pas réagi : faudrait il rappeler que les régions ont des parlements élus à la proportionnelle et que l’UMP y est représentée exactement comme les tendences dans la population au moment du vote ?
Donc pour se défendre à une question d’importance cruciale sur notre démocratie, Monsieur Sarkozy répond “C’est pas moi qu’ai commencé le premier, msieur, c’est l’autre !” Eh bien on n’est mal parti. J’aurais bien aimé que notre président réponde quelque chose du style : si effectivement, nous avons tous les pouvoirs, il faut changer les règles et élire les assemblées à la proportionnelle et non pas par canton, ou circonscription. C’est cela la vraie ouverture, c’est ça avoir du courage dans les réformes.
Réformerez-vous le mode de scrutin des législatives ?
Je recevrai après l’élection toutes les formations politiques représentées à l’Assemblée, au Sénat et au Parlement européen…
Encore un véritable mépris des petits partis politiques : l’Assemblée ne contiendra probablement, d’après les sondages que les deux groupes : l’UMP et le PS. Ca signifie donc que le président ne recevra pas les véritables lésés du système.
Y compris le Front national ?
Au nom de quoi l’écarterais-je, dès lors qu’il a des élus? J’écouterai les propositions de chacun. Si un consensus se dégage en faveur d’une dose minoritaire de proportionnelle, nous en discuterons. Je ne suis pas fermé.
Incompétence du journaliste : le FN n’est pas à l’assemblée : il n’a jamais eu d’élu même s’il a atteint des scores de plus de 20% à la présidentielle 2002. Quelle mascarade ! Nicolas Sarkozy ne veut donc pas recevoir le Front National, ni les autres petits partis. Il faut dire la vérité telle qu’elle est !
Allez-vous procéder à un remaniement après les législatives ?
Des secrétaires d’Etat feront leur entrée. Je précise tout de suite qu’ils seront nommés en petit nombre : on ne doublera pas, loin de là , la taille du gouvernement! J’ajoute qu’ils devront répondre à des critères de diversité à la fois par leurs origines territoriales, leurs origines politique et être représentatifs de la France multiple. Par ailleurs, la parité est un objectif auquel je ne renoncerai pas.
Encore une malhonnêteté intellectuelle : Monsieur Sarkozy est président de l’UMP depuis plusieurs années, et il n’y a pas une élection ou il a respecté la parité. Il a préféré se présenter lui même plutôt que céder la place à une femme de son parti (par exemple Michelle Aliot-Marie). La proportion de femme candidate UMP pour les législatives est inférieure à 25%. Au moins, avec Alternative Libérale, on est clair : nous ne sommes pas pour une parité imposée artificiellement. Imposer la parité avec des personnes que l’on nomme, c’est facile : l’imposer pour une élection, là c’est plus dure, on a trop peur de la perdre…
