Réponse à la lettre ouverte de l’association “Amitiés Tsiganes”

J’ai recu une lettre ouverte de l’association Amitiés Tsiganes. Voici le contenu, et ma réponse à la suite.

Madame, Monsieur,

Les organisations nationales, signataires de la présente, l’association Amitiés Tsiganes ont l’honneur de vous faire parvenir le texte d’une lettre ouverte aux candidates et candidats aux législatives, « Pour une vision citoyenne de l’accès au droit commun pour les Tsiganes et Gens du voyage », dont la diffusion fut organisée lors des élections présidentielles par un numéro spécial de la publication « Monde tsigane », une conférence de presse et le relais des médias.

Vous vous présentez aux suffrages des citoyens pour assurer prochainement une importante responsabilité : la proposition, la discussion et le vote des lois de notre pays.
Nous demandons à nos responsables politiques, à nos parlementaires, de rompre avec une situation archaïque et discriminatoire, pour s’inscrire très volontairement dans une vision citoyenne du droit commun, par des réponses concrètes et fortes aux attentes et besoins des familles tsiganes et Gens du voyage, en vue d’une intégration républicaine respectueuse des cultures, des modes de vie et d’habitat.
Nous vous interpellons sur la reconnaissance officielle des camps d’internement des tsiganes dans notre pays entre 1940 et 1946, et nous vous demandons de vous prononcer et de vous engager sur cinq propositions fondamentales :
- L’abrogation des lois et réglementations discriminatoires.
- Le soutien aux actions de lutte contre les discriminations.
- La reconnaissance de la caravane comme logement.
- L’application de la loi du 5 juillet 2000 (dite loi Besson) et son actualisation.
- La mise au point d’un « plan national de terrains d’habitat familial ».

Nous vous remercions de l’attention que vous réserverez à notre démarche et des réponses que vous apporterez, afin d’éclairer le vote de plusieurs centaines de milliers d’électrices et électeurs directement ou indirectement concernés.

Recevez, Madame, Monsieur l’expression de nos salutations distinguées.

Fnasat-Gens du voyage, 59 rue de l’Ourcq, 75019 Paris.
Ligue des Droits de l’Homme, 138-140 rue Marcadet, 75018 Paris
Fondation Abbé Pierre, 3-5 rue de Romainville, 75019 Paris
Association nationale des Gens du voyage catholiques, 52 rue Charles Michels, 93200 Saint-Denis
Association Regards, route de Saint Urlo, 56440 Languidic
Association La vie du voyage, BP 211, 91160 Longjumeau
Association Amitiés Tsiganes, Association Amitiés Tsiganes, Centre Commercial «les Tamaris» - BP 2019, 54000 Nancy


Bonjour Saida,

Je vous remercie de votre lettre ouverte.
Alternative Libérale ne s’est pas à ma connaissance exprimé sur le thème des gens du voyage.
Je vais donc vous faire une réponse personnelle qui n’engage que moi, mais qui je pense reflète les idées de notre parti politique, à savoir les idées libérales.

Je vais donc me positionner sur les cinq propositions fondamentales données dans votre lettre.

L’abrogation des lois et réglementations discriminatoires.

Nous sommes d’accord sur ce point à 100%. La déclaration des droits de l’homme, texte écrit par des libéraux au 18ème siècle insiste d’ailleurs bien sur ce point au travers des articles 1 et 6.
Article 1 : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
Article 6 : La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

La France a adopté depuis ces dernières décennies une logique égalitariste, et non égalitaire, en voulant mettre les gens à “égalité” en gérant les problèmes catégorie par catégorie. Cette logique a fait de la France la championne du monde en nombre d’article de loi s’adressant à telle ou telle catégorie. Nous, libéraux sommes pour l’abrogation de beaucoup de ces lois. Par exemple, nous voudrions diminuer le nombre de statut d’entreprise, nous sommes pour le contrat de travail unique, nous sommes pour remettre à égalité de traitement face à la retraite, à l’accès au soins, au tarif d’assurance les fonctionnaires, les salariés d’entreprise d’état (SNCF, EDF, etc.) et les salariés du privé. Nous voudrions remplacer les différentes usines à gaz d’allocation (RMI, APL, etc.) par une seul revenu d’existence donné à tous les Français sans condition (âge, revenu, etc.). Nous sommes contre les lois voulant forcer les individus à vivre un idéal prédéfini par des bonnes âmes pensantes (ex : parité homme/femme, pourcentage d’handicapés, etc.). Nous sommes pour la liberté de chacun. Nous ne sommes pas pour le bonheur de tous, mais pour le bonheur de chacun. J’avoue ne pas être un spécialiste sur les lois actuelles concernant les gens du voyage, mais s’il y en a, j’estime qu’elle ne sont pas dans l’esprit des droits de l’homme vu que la loi est faite pour tous, et non pas pour favoriser ou défavoriser une catégorie par rapport à une autre.

Soutien aux actions de lutte contre les discriminations

Je suis pour lutter contre les discriminations, mais pas pour faire des lois qui changent les statistiques. Cela dit, la loi Française est déjà bien fournie en terme de répression contre la discrimination. En pratique, je ne pense pas que ce soit du domaine de l’action des ministères de lutter, mais bien d’associations actives et motivées.

La reconnaissance de la caravane comme logement

Je crois comprendre ce que vous soulevez comme problème. L’administration française prend comme postulat le fait que tout le monde vit à une adresse fixe. Ceci n’est plus vrai dans le monde d’aujourd’hui pour un nombre de plus en plus élevé d’individu. Je pense qu’il faut refondre certains aspects fondamentaux pratique de l’administration. Il devrait aujourd’hui être possible d’avoir une adresse virtuelle (comme par exemple une adresse mail électronique) pour dialoguer avec l’administration. Au niveau INSEE, je crois qu’il faudrait bien séparer les gens qui vivent temporairement dans une ville (juste pour un projet de 6 mois par exemple) et ceux qui y vivent vraiment de façon permanente. Les étudiants ont aussi des problèmes d’adresse. Je ne vois pas pourquoi une caravane ne pourrait pas être considérée comme un logement, vu que pour un bon nombre de gens du voyage, c’est effectivement leur logement (là ou ils mangent et dorment). En revanche, si les locataires et propriétaires paient des taxes d’habitation ou foncières, je crois qu’il faudrait aussi s’assurer que ce soit la même chose pour les gens du voyage car la taxe d’habitation est une taxe que tout le monde paient en vivant en France (y compris les touristes dans les hôtels), et la taxe foncière est une taxe que l’on paie (au travers de sa location) pour assurer aux communes les ressources suffisantes pour maintenir les infrastructures locales (accès à l’eau, l’électricité, etc.). Payer ses impôts est une manière d’être intégré dans la république.

L’application de la loi du 5 Juillet 2000 (dite loi Besson) et son actualisation.

Cette loi concernant les gens du voyage ( dont le contenu officiel est accessible ici) est physiquement inapplicable. Elle est simplement l’expression d’un idéal qui ne peut pas être mis en pratique. Demander à l’Etat de trouver un boulot, une école pour ses enfants etc. en arrivant dans un village est du surréaliste. Lorsqu’on choisit son mode de vie, on est responsable de ses conséquences. De nombreuses personnes n’ont pas choisi exactement ce qu’il voulaient faire de leur vie. Tout le monde n’est pas star de la musique où roi du pétrole, millionnaire, ou champion de natation : les gens responsables choisissent non pas ce qu’il voulaient faire mais un mode de vie qui leur permet d’assurer déjà le minimum : manger, dormir. Ainsi, lorsqu’on choisit une vie nomade, on est responsable de mettre en place les infrastructures qui permettent le minimum pour sa famille : manger, dormir, éduquer ses enfants et donc travailler ou vivre de son capital pour faire ces trois choses précédentes. Cela dit, l’Etat en offrant des structures gratuites pour les personnes fixes se doit aussi de proposer des structures pour les personnes nomades. Là, je reconnais l’injustice. S’il s’agit pour une école d’accueillir 2 ou 3 enfants nomades pendant une durée limité, je ne crois pas que cela pose énormément de problème d’organisation. En revanche, lorsqu’il s’agit de scolariser une trentaine d’enfants arrivant sans prévenir dans un village, je crois que ce n’est pas possible, à moins que la communauté de gens du voyage soit muni d’une école ambulante et qu’un instituteur fasse parti de la communauté. Je ne pense non plus, pédagogiquement parlant que ce soit bon pour un enfant de changer de maître d’école fréquemment car une éducation se doit d’être cohérente avant tout pour être efficace. Le maître d’école a besoin de connaître ses élèves, sinon de simple livre d’éducation pourraient suffire.


La mise au point d’un « plan national de terrains d’habitat familial ».

Nous sommes contre un Etat “nounou” qui s’occupe de tout pour tout le monde. Notre discours est plutôt de dire : Soyez libres ! Soyez dignes ! Soyez responsables ! Donc concernant cette question, libre aux gens du voyage de s’organiser, d’acheter des terrains, de les gérer et le problème d’intégration sera réglé. Je ne vois pas pourquoi ce serait le rôle de l’Etat de fournir des terrains aux communautés tziganes. Moi, personne ne m’a réservé de terrain pour pouvoir m’installer. Il fut un temps où j’ai du trouver une location (ce n’est déjà pas facile vu les problèmes de logement) et ensuite, j’ai trouvé une maison à vendre et je l’ai acheté (pas facile non plus, surtout avec les banques).

En espérant avoir répondu à vos questions, bien cordialement.

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